Avant hier, je me suis fait traiter de robot !
Celle là, on ne me l’avait encore pas faite. J’ai déjà été appelée de toutes sortes de noms, communs ou vulgaires, mais là, c’était original.
Evidemment, dans la tête du « traiteur » (pas charcutier, j’espère) c’était la pire insulte qu’il puisse trouver tout en restant correct… J’étais une machine, quoi… Un truc à qui on parle mais qui ne comprend rien, on a beau dire quoi que ce soit, ça vous répond toujours la même chose.
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…
Bête, bornée, inhumaine. C’était ça, son idée. Tout cela parce que, bloqué dans sa propre conception des choses, il n’entendait (au sens comprendre) absolument pas ce que je lui disais. Il ne voyait que sa propre situation, d’une manière parfaitement égoïste, sans écouter le moins du monde ni la situation générale que je lui exposais, ni les propositions que je lui faisais pour régler sa situation particulière.
D’un autre côté, il n’avait pas complètement tort, je lui répondais toujours la même chose, c'est-à-dire que je refusais obstinément de lui accorder ce qu’il voulait, quels que soient ses arguments. Conformément à une de mes manies préférées j’avais envie de lui conseiller de la lecture (*) : « Si j’ordonnais à un général de voler d’une fleur à l’autre à la façon d’un papillon, ou d’écrire une tragédie, ou de se changer en oiseau de mer, et si le général n’exécutait pas l’ordre reçu, qui, de lui ou de moi, serait dans son tort ? » J’ai tenté de me taire, il m’a alors demandé, avec une ironie cinglante, si j’étais en train de boire un café, ce qui aurait quand même été un comble de la part d’un ordinateur… Je me suis fait violence, lorsque ses arguments sont devenus plus classiques, mais imparables (« Si je m’appelais Mohamed… »), pour ne pas hurler ou lui raccrocher au nez. Ben quoi. Oui, je suis payée pour me faire eng*, sans avoir le droit de dire ce que je pense, je n’ai pas le droit de répliquer, mais je n’ai pas le droit de ne pas écouter non plus. Je fais finalement un métier très frustrant. Heureusement qu’il y a mon blog, il va me servir à décompresser…
Comment ai-je fait pour résister ? vous demandez-vous anxieusement.
C’est très simple : j’avais la pensée du jour qui défilait sur mon écran de veille !
De plus, il ne savait pas que, connaissant mon Isaac Asimov sur le bout du doigt, la comparaison avec un robot ne me semblait pas si négative que ça : Ses robots à lui sont finalement très humains, voire humanistes… (Je vous parlerai d’Asimov un autre jour, sinon mon billet serait trop long.)
Mais il a quand même mis vingt bonnes minutes avant de raccrocher (pratique, le minuteur sur le téléphone !).
Bon, je vais manger un carré de chocolat, moi !
- Crédit insuffisant. Faites l’appoint.
- Crédit insuffisant. Faites l’appoint.
- Crédit insuffisant. Faites l’appoint.
- Crédit insuffisant. Faites l’appoint.
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- Crédit insuffisant. Faites l’appoint.
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(*) : Petit a parte : Manou et Tant-Bourrin, ça m’a fait plaisir que vous ayez envie de relire le Petit Prince.
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